La boucle des cheveux noirs de ta nuque est mon trésor
Ma pensée te rejoint et le tienne la croise
Tes seins sont les seuls obus que j’aime
Ton souvenir est la lanterne de repérage qui nous sert à pointer la nuit


En voyant la large croupe de mon cheval j’ai pensé à tes hanches


Voici les fantassins qui s’en vont à l’arrière en lisant un journal


Le chien du brancardier revient avec une pipe dans sa gueule


Un chat-huant ailes fauves yeux ternes gueule de petit chat et pattes de chat


Une souris verte file parmi la mousse
Le riz a brûlé dans la marmite de campement
Ça signifie qu’il faut prendre garde à bien des choses


Le mégaphone crie
Allongez le tir


Allongez le tir amour de vos batteries


Balance des batteries lourdes cymbales
Qu’agitent les chérubins fous d’amour
En l’honneur du Dieu des Armées


Un arbre dépouillé sur une butte


Le bruit des tracteurs qui grimpent dans la vallée


Ô vieux monde du xixe siècle plein de hautes cheminées si belles et si pures


Virilités du siècles où nous sommes
Ô canons


Douilles éclatantes des obus de 75
Carillonnez pieusement