Hélas ! tu n’es pas vierge
Hélas ! tu n’es pas vierge ni
Moi non plus. Surtout tu n’es pas
La Vierge Marie et mes pas
Marchent très peu vers l’infini
De Dieu ; mais l’infini d’amour,
Et l’amour c’est toi, cher souci,
Ils y courent, surtout d’ici,
Lieu blême où sanglote le jour.
Ils y courent comme des fous,
Saignant de n’être pas ailés ;
Puis s’en revienne désolés
De la porte fermée à tous
Espoirs certains, et résistant
À tels efforts pour t’enfin voir
En plein grand jour par un beau soir
Mué tôt en nuit douce tant !
Ah ! Limbes où non baptisés
Du platonisme patient
Vont, pitoyablement criant
Et pleurant mes désirs brisés.
Décembre 1802.
Moi non plus. Surtout tu n’es pas
La Vierge Marie et mes pas
Marchent très peu vers l’infini
De Dieu ; mais l’infini d’amour,
Et l’amour c’est toi, cher souci,
Ils y courent, surtout d’ici,
Lieu blême où sanglote le jour.
Ils y courent comme des fous,
Saignant de n’être pas ailés ;
Puis s’en revienne désolés
De la porte fermée à tous
Espoirs certains, et résistant
À tels efforts pour t’enfin voir
En plein grand jour par un beau soir
Mué tôt en nuit douce tant !
Ah ! Limbes où non baptisés
Du platonisme patient
Vont, pitoyablement criant
Et pleurant mes désirs brisés.
Décembre 1802.