Poèmes Victor Hugo Les Quatre Vents de l’esprit Rencontre d’une petite fagotière

Rencontre d’une petite fagotière

Enfant au teint brun, aux dents blanches,
Ton petit bras derrière toi
Tire un tremblant faisceau de branches.
Ô doux être d’ombre et d’effroi,

Dans la clairière aux vertes routes,
Tu passes ; nous nous regardons,
Moi, plein de songes et de doutes,
Toi, les pieds nus dans les chardons.

À nous deux, seuls dans la rosée,
Nous ferions sourire un cagot ;
Car, moi, je porte la pensée,
Et toi, tu traînes le fagot.


27 octobre 1859.