Élégie - Elle est morte pour moi
Elle est morte pour moi, dans la tombe glacée
Comme si le trépas l’avait déjà placée ;
Elle vit cependant, ange exilé des cieux,
Vrai rêve de poète, étrange et gracieux ;
C’est bien elle toujours, elle que j’ai connue
Au sortir de l’enfance, à quinze ans, ingénue,
Folâtre, insouciante, ignorant sa beauté,
S’ignorant elle-même, et jetant de côté,
De peur qu’une pensée amère ne s’éveille,
Souci du lendemain, souvenir de la veille.
Mais je ne verrai plus ses grands yeux expressifs
Vers les miens s’élever et s’abaisser pensifs !…
Mais je ne pourrai plus, sous la croisée, entendre
De sa voix douce au cœur le son léger et tendre
S’échapper de sa lèvre, ainsi qu’un chant divin
D’une harpe magique. Hélas ! et c’est en vain
Qu’en longs transports d’amour, en vifs élans de flamme,
J’ai dépensé pour elle et mes jours et mon âme !
Comme si le trépas l’avait déjà placée ;
Elle vit cependant, ange exilé des cieux,
Vrai rêve de poète, étrange et gracieux ;
C’est bien elle toujours, elle que j’ai connue
Au sortir de l’enfance, à quinze ans, ingénue,
Folâtre, insouciante, ignorant sa beauté,
S’ignorant elle-même, et jetant de côté,
De peur qu’une pensée amère ne s’éveille,
Souci du lendemain, souvenir de la veille.
Mais je ne verrai plus ses grands yeux expressifs
Vers les miens s’élever et s’abaisser pensifs !…
Mais je ne pourrai plus, sous la croisée, entendre
De sa voix douce au cœur le son léger et tendre
S’échapper de sa lèvre, ainsi qu’un chant divin
D’une harpe magique. Hélas ! et c’est en vain
Qu’en longs transports d’amour, en vifs élans de flamme,
J’ai dépensé pour elle et mes jours et mon âme !
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