Poèmes Anna de Noailles Les Vivants et les Morts En ces jours déchirants

En ces jours déchirants

En ces jours déchirants où le Destin me brave
Et lentement me vainc, Seigneur, soutenez-moi,
Jusqu’au mystique instant que mon cœur entrevoit,
Où je confesserai que la douleur est suave ;

Déjà son huile sainte a pénétré mes os ;
Je renonce à vouloir, à désirer, à vivre ;
Quand l’instinct est rompu, les âmes volent haut…
Douleur, c’est votre poids sacré qui me délivre ;
C’est par votre grandeur qu’on atteint au repos…