Jaurès au panthéon
L’homme a besoin d’aimer !
Jean Jaurès, nul écho
Ne peut vous parvenir de ce moment auguste
Où, par vous habitée, une foule au cœur juste
Avec amour vous mêle aux cendres de Hugo !
Les morts ne savent rien du sillage de flamme
Qui suit l’évasion de leur souffle oppressé.
Ah ! que les morts sont morts ! Mais des millions d’âmes
Naissent de cet instant où leur vie a cessé.
Comme un groupe stellaire aux cieux tristes des hommes,
Un astre au feu nouveau surgit de leur trépas.
Leur cœur distribué nous fait ce que nous sommes.
— Mort désintéressé, vous ne le saurez pas !
Vous ne le saurez pas, mais votre ample génie
À travers ce qu’il fonde et ce qui le déçoit
Eut dans son chant lyrique un juste espoir en soi
Et le pressentiment de la vie infinie !
Durée, éternité, triomphe, ô vanité !
Rien ne trouble le mort dans sa sombre paresse ;
Qu’importe si le pampre âprement récolté
Dispense la vigueur et la lucide ivresse !
Le héros, au-dessus des mortels hésitants,
Est comme une action secrète et continue,
Car, courbés sous leur joug, c’est pourtant de la nue
Que les hommes, pensifs, reçoivent tout élan.
— Jean Jaurès, quelquefois les destins se concertent
Pour qu’un plus noble esprit ait son suprême éclat :
Tué, mais immortel, vous ne fûtes plus là,
Le jour où l’univers eut les veines ouvertes !…
Jean Jaurès, nul écho
Ne peut vous parvenir de ce moment auguste
Où, par vous habitée, une foule au cœur juste
Avec amour vous mêle aux cendres de Hugo !
Les morts ne savent rien du sillage de flamme
Qui suit l’évasion de leur souffle oppressé.
Ah ! que les morts sont morts ! Mais des millions d’âmes
Naissent de cet instant où leur vie a cessé.
Comme un groupe stellaire aux cieux tristes des hommes,
Un astre au feu nouveau surgit de leur trépas.
Leur cœur distribué nous fait ce que nous sommes.
— Mort désintéressé, vous ne le saurez pas !
Vous ne le saurez pas, mais votre ample génie
À travers ce qu’il fonde et ce qui le déçoit
Eut dans son chant lyrique un juste espoir en soi
Et le pressentiment de la vie infinie !
Durée, éternité, triomphe, ô vanité !
Rien ne trouble le mort dans sa sombre paresse ;
Qu’importe si le pampre âprement récolté
Dispense la vigueur et la lucide ivresse !
Le héros, au-dessus des mortels hésitants,
Est comme une action secrète et continue,
Car, courbés sous leur joug, c’est pourtant de la nue
Que les hommes, pensifs, reçoivent tout élan.
— Jean Jaurès, quelquefois les destins se concertent
Pour qu’un plus noble esprit ait son suprême éclat :
Tué, mais immortel, vous ne fûtes plus là,
Le jour où l’univers eut les veines ouvertes !…