Quand vous vîntes dimanche, en déesse parée,
Avec tous vos rayons éblouir votre cour,
Chacun disait, voyant ce buste au pur contour :
« C’est Vénus de Milo d’une robe accoutrée ! »
Mais votre épaule était d’un trait rouge effleurée :
Tel le ramier blanc saigne aux serres de l’autour,
Telle rosit la neige aux premiers feux du jour ;
Le carmin s’y mêlait à la pâleur nacrée.
Quelle audace a rayé ce marbre de Paros ?
Vous en donniez la faute à l’épaulette étroite,
Mais moi j’en accusais la flêche d’or d’Éros :
Il vous visait au cœur ; la pointe maladroite
(Car le dieu tremblait fort devant tant de beauté)
N’atteignit pas le but et glissa de côté !
21 avril 1869.
Avec tous vos rayons éblouir votre cour,
Chacun disait, voyant ce buste au pur contour :
« C’est Vénus de Milo d’une robe accoutrée ! »
Mais votre épaule était d’un trait rouge effleurée :
Tel le ramier blanc saigne aux serres de l’autour,
Telle rosit la neige aux premiers feux du jour ;
Le carmin s’y mêlait à la pâleur nacrée.
Quelle audace a rayé ce marbre de Paros ?
Vous en donniez la faute à l’épaulette étroite,
Mais moi j’en accusais la flêche d’or d’Éros :
Il vous visait au cœur ; la pointe maladroite
(Car le dieu tremblait fort devant tant de beauté)
N’atteignit pas le but et glissa de côté !
21 avril 1869.
Du même auteur
— Ce poëme homérique et sans égal au monde— Est-ce bien vrai cela ? Reprit la Véronique— Joyeux comme un enfant à la fin de son thème— Le peintre avait coupé le corset. — Véronique— Revenons au sujet. — Le jeune enthousiasteÀ Charles Garnier
Voir tous les poèmes de Théophile Gautier →