Poèmes Anna de Noailles L’Honneur de souffrir En tremblant, mon regard descend

En tremblant, mon regard descend

En tremblant mon regard descend
Jusqu’en mon cœur où vit ton sang.
Je ne veux plus penser qu’à peine,
Tant je me blesse à mon tourment.
— Hélas ! t’ai-je fait de la peine,
À toi qui fus si simplement
Ma loi et mon contentement ?
Tu semblais plus que moi durable :
Un vivant n’est pas vénérable.
La tendresse a ses jours d’ennuis.
Parfois un autre œil nous séduit.
Nous étions mélangés, instables,
Humainement, sans rien qui nuit.
— Mais sur ton incessante nuit
Ma vie a replié ses ailes.

C’est ta mort qui me rend fidèle.