1Ô toi qui n’es pas né, vous qui tous êtes morts
2Tu sais si je suis seule, ô toi qui m’as aimée
3Ils parlent ; ils ont tous le visage inquiet
4Naïvement, innocemment
5Ce n’est pas toujours vous qui me portez secours
6Le jour, hymne silencieux
7Quand je vois les esprits sans hauteur, sans colère
8Il convient que l’on appelle âme
9La pensée alanguie et les membres à l’aise
10Vanité, crainte, amour de soi
11Tu n’es plus ; je méprise, en le voyant survivre
12Le printemps naît subitement
13J’étais morte avec toi, retiens-moi dans ta tombe
14Des cœurs furent heureux le jour où tu es né
15À présent la vie est pour moi
16Si l’on songe à tout ce qu’on fit
17Les mots ne sont rien, mais les preuves
18Sages de tous les temps, de toutes les patries
19Quand vous êtes partis, muets
20Je chante. Un chant répond. Mais ce n’est pas l’écho
21Cela fut, et puis disparaît
22Vivre n’est pas un bien. Les clairs instants sont rares
23Chaque être souffrant seul croit qu’il a l’apanage
24Rien ne me touche plus, je me sens morte aussi
25L’ennui, l’affreuse peine admise, et que l’on tait
26En tremblant, mon regard descend
27Vous êtes mort un soir à l’heure où le jour cesse
28Vivre, permanente surprise !
29Habitante éthérée et fixe des tombeaux
30J’ai su la vérité, j’ai vu tout ce qui passe
31La nuit, lorsque je dors et qu’un ciel inutile
32Nul lit, nulle chambre, nul toit
33Chaque matin m’accable et la couleur de l’air
34Ébloui, pur, minutieux
35Morts qui me fûtes chers, ne soyez pas jaloux
36Ils ont inventé l’âme afin que l’on abaisse
37Puisque mes yeux ont vu les lieux où tu reposes
38Ainsi la vie ample et savante
39Chaque jour j’entends qu’en silence
40Dans l’âpre solitude où tu vis désormais
41L’homme s’attache à l’espérance
42Jadis je m’aimais
43Les tombeaux. Tout l’oubli du monde épars
44Hier, j’ai traversé, comme je fais souvent
45J’ai tant souffert, je souffre tant
46J’ai regardé d’un œil content
47Il m’apparaît soudain que vous aimiez la vie
48J’ai quelquefois rêvé, travaillé, sans vous voir
49L’immobilité sous mon front
50Un arbre est sous mes yeux, épais, brutal, splendide
51J’ai, ce soir, entendu les appels du hautbois
52Je suis où tu es, nulle part
53Si ta voix m’avait dit : Demeure
54Univers, je t’ai regardé
55Je n’aurais pas été moi-même
56Ne te résigne pas à la douleur
57Tout posséder, pour mon esprit
58La femme, durée infinie
59Dans la douleur rien ne console
60Puisque jamais plus je n’écoute
61Ma jeunesse n’est pas dans mes chants intrépides
62Ô printemps, jeune passion
63Chacun de vous, un jour, a refermé la porte
64Passant, je te sais gré de l’extrême torture
65Dans cette infinité, dans cette plénitude
66Tout de toi me trompe : tu danses
67Je crois voir, entendre
68Silence, mouvement, arpège
69Le monde épars s’agrège, et d’un doux mouvement
70Sans t’aimer encor, j’aime encor ta voix
71Les morts qui m’ont aimée ont vaincu ta beauté
72Un univers inique abolit nos justices
73Mon histoire aux nombreux visages
74Lorsque la mort, succédant à l’ennui
75Je n’étais pas déraisonnable
76Le temps est bref, les jours sont lents
77Volupté : pleurs, sanglots, abîme, bonne mort
78J’aurais pu ne jamais connaître
79Si l’esprit survivait à la chair, je saurais
80En expirant j’entraînerai
81J’ai connu la fiévreuse et mordante détresse
82La chambre, volets clos, yeux clos, chères ténèbres
83Il faut que je dorme ou que j’aille
84C’est le jour tiède et mol où naissent les lilas
85Un subit désarroi court à travers mon sang
86La mémoire loyale et triste
87Quand j’aurai tout nié, l’azur encor m’émeut
88Des arènes de fleurs brillant auprès des portes
89Votre mort n’a pas été prompte
90Je n’avais jamais rien à dire
91J’ai bien servi le dieu sacré de la parole
92Que fait l’esprit dont l’homme a l’orgueil ? Nul ne sait
93Je songe à ta main longuement
94Quand on s’est emparé par amour, par puissance
95Puisque tu veux laisser survivre
96Tout est, et pourtant tout n’est rien
97Ils sont morts, et mon cœur, secret de ma raison
98L’enfance est une route ardue
99Chère ombre à qui je parle bas
100De qui pourrais-je dire
101La rue a ce matin les teintes délicates
102Lorsque déjà leur vie est affligeante et vaine
103De quoi t’ai-je, en ce jour, frustré, cœur endormi
104L’esprit net et le cœur hagard
105J’ai composé dans la souffrance
106Vivre, est-ce de subir un jour, et puis un autre
107La neige, d’une chute égale
108J’ai dormi, j’ai pendant quelques instants rejoint
109J’ai vu, soudain étrange, ingrate et sans mémoire
110Parfois un cri faiblit, nul ne le jette assez
111Être pâle, muet, immobile, absent, mort
112Qui se plaint du sommeil ?
113Le renom, les conseils sages et bons, l’amour