Poèmes Anna de Noailles L’Honneur de souffrir Naïvement, innocemment

Naïvement, innocemment

Naïvement, innocemment,
Non par fierté mais par faiblesse,
Révérant votre assentiment,
J’ai connu l’orgueil des déesses.

Puis soudain vos yeux, votre voix,
Pour la mort m’ont abandonnée.
J’ai délaissé ma destinée
Et je succombe autour de moi.

— Pureté, opulence, emblème,
Tant de rêve compose un lis !
Je n’aurais jamais cru, jadis,
Que l’on était si peu soi-même…