J’ai tant souffert, je souffre tant
J’ai tant souffert, je souffre tant
Que plus rien ne semble important
À mes yeux, qui fixent le vide
Où se défont les morts livides.
Je sais bien qu’il existe encor
Cet animal plaisir du corps
Que le désir prise et dédaigne ;
Mais jamais plus un noble accord
N’emplit, ne pénètre, n’imprègne
Cette âme où le désespoir règne !
Car, ayant la nette stupeur
D’un monde où tout est inutile,
J’éprouve, au centre du malheur,
Qu’il est également futile
De sentir qu’on vit ou qu’on meurt…
Que plus rien ne semble important
À mes yeux, qui fixent le vide
Où se défont les morts livides.
Je sais bien qu’il existe encor
Cet animal plaisir du corps
Que le désir prise et dédaigne ;
Mais jamais plus un noble accord
N’emplit, ne pénètre, n’imprègne
Cette âme où le désespoir règne !
Car, ayant la nette stupeur
D’un monde où tout est inutile,
J’éprouve, au centre du malheur,
Qu’il est également futile
De sentir qu’on vit ou qu’on meurt…