Poèmes Anna de Noailles L’Honneur de souffrir La neige, d’une chute égale

La neige, d’une chute égale

La neige, d’une chute égale,
Cette nuit se succède et fond.
Dans ces ténèbres glaciales
Je songe à ton gel plus profond !

Je songe, ô ma chaleur perdue !
À ton froid amaigri, dissous.
Tout rêve, sur ma route ardue,
Ne me vient plus que d’en-dessous !

Et je semble alerte et légère
Aux humains parmi qui je vis,
Moi qui, ne t’ayant pas suivi,
Suis à jamais une étrangère !