Poèmes Théophile Gautier Albertus Il prenait cependant son mal en patience

Il prenait cependant son mal en patience

Il prenait cependant son mal en patience.
— C’est un très-grand fléau qu’une grande science ;
Elle change un bambin en Géronte ; elle fait
Que, dès les premiers pas dans la vie, on ne trouve,
Novice, rien de neuf dans ce que l’on éprouve.
Lorsque la cause vient, d’avance on sait l’effet ;
L’existence vous pèse et tout vous paraît fade.
— Le piment est sans goût pour un palais malade.
Un odorat blasé sent à peine l’éther :
L’amour n’est plus qu’un spasme, et la gloire un mot vide,
Comme un citron pressé le cœur devient aride.
Don Juan arrive après Werther.