1C’était un engouement, un délire, une rage
2Jeunes et vieux, — robins en perruque poudrée
3Pour le présent, la scène est transportée à Leyde
4C’est bien, dit Véronique
5Mais quel chemin encor ?
6Véronique, du bout de sa baguette touche
7Lecteur, sans hyperbole elle était vraiment belle
8La flamme qui dormait s’éveille
9Une perle d’amour ! — De longs yeux en amande
10Dans le creux de sa main elle prend cette eau brune
11Elle se frotte l’œil et puis toute la face
12Mais ce n’est pas là tout
13Minuit est le moment voulu pour l’œuvre inique
14Ce digne chat était du reste l’être unique
15Ou bien, frottant sa patte à sa moustache raide
16Le matou dont il est parlé dans l’autre strophe
17Le plaid bariolé de tartan et la toque
18Pour rendre le tableau complet
19Et pourtant cet enfer est un ciel pour l’artiste
20Poudreux entassement de machines baroques
21De ces dehors riants l’intérieur est digne
22Véritable sabbat de couleurs et de formes
23La limace baveuse argente la muraille
24Cette vieille sorcière habitait une hutte
25Même dame Gertrude avait un jour d’orage
26La femme du brasseur Cornelis met au monde
27Dans ce bourg autrefois vivait
28Confort et far-niente !
29À vous faire oublier, à vous, peintre et poëte
30Sur le bord d’un canal profond dont les eaux vertes
31Moi, ce fut l’an passé que cette frénésie
32Amour ! Le seul péché qui vaille qu’on se damne
33Poignante volupté, — plaisir qui fait peut-être
34Celle qui, jusqu’alors comme la salamandre
35C’est le train de la vie et de la destinée
36Tout au plus dans l’entr’acte avait-il sur la belle
37Seul un homme debout auprès d’une colonne
38Voici le fait : — la veille on jouait au théâtre
39Les acteurs avaient beau s’évertuer en scène
40Ce n’est pas cela, non ; — elle est trop corrompue
41Pourquoi donc ces sourcils qui tremblent et se plissent
42Son œil est-il moins vif, son col moins blanc ?
43Elle boude ! — Mon dieu, qu’une femme qui boude
44Qui cause ce chagrin ? En se levant, s’est-elle
45Deux mois sont écoulés. — Capricieuse reine
46Le conseiller aulique Hans et Meister Philippe
47Notre héroïne au reste était toujours charmante
48La moindre chose, un rien, elle était bien coiffée
49Young fût devenu gai, le pleureur Héraclite
50Elle donnait le ton, et, reine de la mode
51Il prenait cependant son mal en patience
52Albertus, je n’ai pas besoin de vous le dire
53Il voyait l’univers comme un tripot infâme
54Et disparut pendant que brûle cette feuille
55Tout à coup, relevant comme un oiseau sa tête
56C’était là le motif qui faisait que sa porte
57Le papier que la belle, avec un air d’angoisse
58Ce n’était pas un homme à se laisser surprendre
59Sur sa lèvre sévère à chaque coin ombrée
60Un front impérial d’artiste et de poëte
61Cet ensemble faisait l’effet le plus étrange
62— Revenons au sujet. — Le jeune enthousiaste
63Excepté cependant le tien, ô poésie
64Bénévole lecteur, c’est toute mon histoire
65Nous ne nous disions rien, et nous avions l’air triste
66Tout ce bonheur n’est plus. Qui l’aurait dit ?
67Tout en la rassurant, d’une main aguerrie
68Et puis je l’entendais rire sous la feuillée
69Sans cela l’univers aurait eu mon poëme
70Mai dans le gazon vert faisait rougir la fraise
71Albertus un instant crut voir sa vénitienne
72D’honneur, vous eussiez dit un boudoir de duchesse
73Notre innamorata, couchée autant qu’assise
74Un petit négrillon qui tenait une torche
75Il eût pu retourner chez lui, — mais l’aventure
76Le temps de compter trois il revient.
77Ils sortirent tous deux. — La ville était déserte.
78Notre artiste l’ouvrit ; cherchant la signature
79On entra. — C’était Juan. — Une lumière bleue
80Albertus travaillait. — C’était un paysage.
81On aurait dit, à voir cette tête inclinée
82Seulement quand ses yeux rencontraient cette toile
83Autour du mur beaucoup de toiles accrochées
84L’ombre dans chaque coin s’entasse plus profonde
85Laques, pots du Japon, magots et porcelaines
86La décoration change. — Pour le quart d’heure
87Il était ainsi fait. — Singulière nature !
88Malheur, malheur à qui dans cette mer profonde
89Si de sa destinée il eût été l’arbitre
90Notre héros avait, comme ève sa grand’mère
91— Ce poëme homérique et sans égal au monde
92Le diable éternua. — Pour un nez fashionable
93— Joyeux comme un enfant à la fin de son thème
94La chevelure au vent, la joue en feu, les femmes
95Le concerto fini, les danses commencèrent
96On eût cru voir tourner et flamboyer dans l’ombre
97Les virtuoses font, sous leurs doigts secs et grêles
98Le Belzébuth dandy fit un signe, et la troupe
99Le président, assis dans une chaire noire
100Enfin il arriva. — Ce n’était pas un diable
101Squelettes conservés dans les amphithéâtres
102Une flamme jetant une clarté bleuâtre
103La vieille fit : — Hop ! hop ! Et par la cheminée
104Chauves-souris, hiboux, chouettes, vautours chauves
105La vieille fit : — Hop ! hop ! Et par la cheminée
106Au lieu du lit doré, c’était un grabat sale
107Tout à coup, sous ses doigts, ô prodige à confondre
108Quand il se vit si près de cette mort vivante
109La lampe grésilla. — Dans le fond de l’alcôve
110Les rideaux sont tombés : — des rires frénétiques
111Oh ! Le tableau charmant ! — Toute honteuse, et rouge
112Il n’en fut pas ainsi. — La dame était si belle
113Peu m’importe, selon que dame poésie
114— Le peintre avait coupé le corset. — Véronique
115Moi qui ne suis pas prude, et qui n’ai pas de gaze
116Dans le fond du boudoir un rayon de la lampe
117Comme ceux d’une orfraie ou d’un hibou dans l’ombre
118Et ses lèvres tremblaient. — On eût dit qu’un blasphême
119— Est-ce bien vrai cela ? Reprit la Véronique
120Albertus n’était pas de glace ni de pierre
121Il luisait comme l’or au fond du vidrecome
122Véronique sonna. — La portière dorée