Poèmes Théophile Gautier Albertus Mais quel chemin encor ?

Mais quel chemin encor ?

Mais quel chemin encor ? — C’est un profond mystère.
— Il faisait nuit ; d’ailleurs, dans ce lieu solitaire
Qui diable eût pu les voir ? — Personne ; tout dormait ;
La lune avait bandé ses yeux bleus d’un nuage
De peur d’être indiscrète. — Au terme du voyage,
Sans que nul se doutât de ce qu’elle enfermait,
La voiture parvint. — Pas un seul grain de boue
À ses larges panneaux armoriés ; — la roue,
Comme si les cailloux eussent été doublés
De soie et de velours, roulait muette et sourde
À travers champs, toujours tout droit, et si peu lourde
Qu’elle ne couchait pas les blés !